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Cet article précise qui assume la responsabilité de la visite médicale du travailleur temporaire, en distinguant les obligations de l’agence d’emploi de celles de l’entreprise utilisatrice selon la nature du poste et les risques identifiés.

Qui organise la visite médicale d’un intérimaire

La répartition des responsabilités en matière de suivi médical entre l’agence de travail temporaire et l’entreprise d’accueil répond à des règles précises.

Deux professionnels examinent un tableau d’affichage dans un bureau d’entreprise, l’un pointe des informations pendant que l’autre prend des notes près d’un poste informatique. Visite médicale intérimaire entreprise utilisatrice.

Rôle de l’agence d’emploi

En tant qu’employeur du salarié intérimaire, l’agence d’emploi assume les obligations relatives à la médecine du travail. Elle organise et finance notamment la visite d’information et de prévention, sans intervention de l’entreprise d’accueil dans le cadre du suivi de droit commun.

  • Service compétent La visite est réalisée par le service de prévention et de santé au travail (SPST) auquel l’agence adhère ou, avec l’accord des parties, par un SPST interentreprises situé à proximité du lieu de mission.
  • Délai réglementaire La visite d’information et de prévention doit avoir lieu dans les trois mois suivant le début de la mission. Pour un travailleur de nuit, elle doit précéder l’affectation au poste.
  • Attestation remise À l’issue de la visite, le professionnel de santé délivre une attestation de suivi, que le travailleur temporaire remet à l’entreprise d’accueil comme justificatif.
  • Renouvellement périodique L’agence veille au renouvellement des examens selon la périodicité réglementaire : au minimum tous les cinq ans, ou tous les trois ans pour les travailleurs de moins de 18 ans et les salariés en situation de handicap.

L’agence peut confier la visite médicale au service de santé au travail autonome de l’entreprise utilisatrice, à condition qu’un accord entre les deux parties le prévoie. Elle doit alors informer le médecin inspecteur du travail compétent de cette délégation et transmettre ses coordonnées au service concerné, afin d’assurer la continuité du suivi individuel de l’état de santé du salarié.

Obligations de l’entreprise utilisatrice

Dans le cadre du suivi courant, l’entreprise utilisatrice n’organise pas la visite médicale obligatoire de l’intérimaire. Sa responsabilité devient toutefois directe lorsque le poste occupé expose le salarié intérimaire à des risques particuliers justifiant un suivi individuel renforcé.

  • Transmission de la fiche de poste L’entreprise communique à l’agence la description précise du poste, les risques professionnels associés et les contraintes particulières, notamment le travail de nuit ou l’exposition aux agents chimiques.
  • Vérification préalable Avant le début d’une mission sur un poste à risques, l’entreprise d’accueil vérifie que les formalités médicales ont été accomplies. Elle ne peut pas accepter un salarié temporaire sans les justificatifs requis.
  • Examen en cours de mission Lorsqu’un salarié est affecté en cours de mission à un poste présentant un risque mentionné à l’article R. 4624-23 du Code du travail sans avoir bénéficié du suivi individuel renforcé, l’entreprise utilisatrice organise un examen médical d’aptitude auprès de son médecin du travail.

Le salarié ne supporte jamais le coût de la visite médicale de l’intérim. Les frais des visites obligatoires incombent exclusivement à l’agence d’emploi, en sa qualité d’employeur, y compris les examens complémentaires prescrits pour un poste présentant des risques particuliers.

Coût et visite hors temps de travail

Le financement du suivi médical relève d’un cadre réglementaire qui protège le travailleur temporaire contre toute contribution personnelle, quelle que soit la nature de l’examen ou le moment auquel la visite est organisée.

  • Financement intégral par l’agence Les consultations, examens complémentaires et éventuels frais de déplacement liés au suivi médical sont pris en charge par l’agence d’emploi. L’entreprise d’accueil en assume indirectement le coût au travers du coefficient de facturation de la prestation.
  • Frais de transport Les frais engagés par le salarié pour se rendre à la visite médicale sont remboursés par l’agence, quelle que soit la distance ou le mode de transport utilisé.
  • Rémunération maintenue Si la visite a lieu en dehors du temps de travail habituel, le salarié temporaire est rémunéré comme s’il avait travaillé pendant cette période.
  • Télémédecine possible La consultation peut se dérouler à distance lorsque le médecin du travail et le salarié y consentent.

Ces garanties complètent le dispositif de protection sociale présenté dans notre guide sur la mutuelle santé des intérimaires, qui détaille l’affiliation automatique dès 414 heures de mission, la portabilité des droits et les règles de dispense applicables aux travailleurs temporaires.

Coordination du suivi temporaire

La coordination entre l’agence et l’entreprise d’accueil exige la transmission des informations médicales et administratives, dans le respect de la confidentialité prévue par le Code du travail. L’aptitude médicale du salarié et les éventuelles restrictions formulées par le médecin du travail doivent être communiquées sans délai afin que l’affectation reste conforme aux préconisations du service de prévention et de santé au travail.

Le dossier médical en santé au travail assure la continuité du suivi médical entre les services concernés, notamment lorsqu’une visite de reprise doit être organisée au plus tard dans les huit jours suivant le retour du salarié après un arrêt maladie de plus de 30 jours ou un accident du travail.

Chaque mission comporte une exposition aux risques professionnels spécifique. Les règles applicables sont récapitulées par le suivi médical des intérimaires sur le site officiel du Code du travail numérique.

Foire aux questions

L’entreprise utilisatrice peut-elle organiser elle-même l’examen médical d’aptitude d’un travailleur intérimaire affecté à un poste à risques en cours de mission ?

Oui. Dans cette situation, il s’agit même d’une obligation légale. Lorsqu’un travailleur temporaire est affecté, en cours de mission, à un poste à risques et qu’il n’a pas bénéficié du suivi individuel renforcé prévu par l’article R. 4624-23 du Code du travail, l’entreprise utilisatrice doit organiser l’examen médical d’aptitude auprès de son médecin du travail. Celui-ci se prononce sur l’aptitude ou l’inaptitude du salarié à occuper le poste concerné, puis informe le médecin du travail de l’agence d’emploi du résultat de l’examen. Cette coordination garantit le même suivi médical tout au long des missions successives de l’intérimaire.

Une nouvelle visite médicale est-elle toujours nécessaire pour un intérimaire qui change d’agence ou prend une nouvelle mission ?

Pas systématiquement. La réglementation permet d’éviter la répétition des visites lorsque plusieurs conditions sont réunies : le travailleur doit disposer d’une attestation de suivi ou d’un avis d’aptitude délivré, au cours des deux années précédentes, pour un emploi identique ; les risques d’exposition doivent être équivalents ; enfin, aucun avis individuel d’adaptation ou d’inaptitude ne doit avoir été émis pendant cette période. Cette dispense est limitée à trois emplois au maximum couverts par une même visite. Si l’une de ces conditions n’est pas remplie, notamment lorsque le poste ou les risques diffèrent, un professionnel de santé doit réaliser une nouvelle visite avant l’affectation.

Quelles sont les conséquences pour l’entreprise utilisatrice en l’absence de visite médicale sur un poste soumis à surveillance renforcée ?

Les conséquences peuvent être sévères. Sur les plans pénal et civil, la responsabilité de l’entreprise d’accueil peut être engagée en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle survenu sur un poste présentant un risque, lorsque les formalités médicales n’ont pas été respectées. Le contrat de mission du travailleur temporaire peut alors être suspendu jusqu’à la régularisation du suivi médical. Le salarié peut également refuser d’occuper le poste s’il n’a pas passé l’examen obligatoire, ce qui expose l’entreprise utilisatrice à des sanctions administratives et à une désorganisation immédiate.

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