La formation professionnelle en Roumanie s’organise en niveaux de qualification distincts, de la voie technologique secondaire jusqu’aux cursus postsecondaires et universitaires. Nous en présentons les filières, le calendrier d’admission et les pièces du dossier d’inscription depuis la France, puis la portée réelle d’un diplôme roumain sur le territoire français.
Le système d’enseignement roumain a profondément réorganisé son deuxième cycle du secondaire à la rentrée 2025-2026. La filière professionnelle initiale ne constitue plus un parcours séparé : elle s’inscrit désormais dans une voie unique, dont la durée et la qualification visée déterminent le diplôme obtenu.

Selon la Commission européenne, les anciens cursus professionnels scolaires de trois ans, y compris leur forme duale, et les lycées technologiques de quatre ans forment depuis 2025-2026 une voie technologique unifiée. Le cadre national roumain des certifications, qui compte huit niveaux décrits par les savoirs, les compétences et l’autonomie, sert de référence pour situer chaque sortie de ce parcours.
Pour le lecteur français, France Éducation international place le diplôme de fin d’école professionnelle et le certificat de compétences professionnelles au niveau 3 du cadre roumain, le baccalauréat roumain au niveau 4. Ces niveaux de qualifications permettent ainsi de rapprocher chaque titre de l’échelle européenne.
Le lycée technologique couvre un large éventail de métiers, de la mécanique à l’électrotechnique, en passant par la construction, l’informatique appliquée, l’agriculture, la restauration, le commerce et les services. Chaque établissement fixe toutefois sa propre offre, de sorte que vous devez vérifier la disponibilité d’une spécialité dans l’établissement visé, puis obtenir les éléments suivants avant tout engagement.
Le certificat de qualification et le baccalauréat restent deux documents distincts, ce qui justifie cette vérification. Le système roumain prévoit par ailleurs des passerelles entre niveaux et entre filières professionnelles et académiques. Avant la réforme, un cursus de quatre ans de niveau EQF 4 préparait notamment aux métiers de l’armée, du sport, des arts et de la pédagogie, avec 15 % du temps en entreprise, comme le décrit la présentation du système professionnel roumain en 2019.
Le système dual associe un établissement de formation et une entreprise partenaire, les périodes de pratique variant selon la qualification et le partenariat local. L’élève signe un contrat individuel de formation pratique avec l’établissement, l’entreprise et, s’il est mineur, son représentant légal, tout en conservant son statut d’élève de l’enseignement secondaire.
Cette pratique encadrée reste minoritaire à l’échelle nationale : selon la Commission européenne, 7,2 % des récents diplômés de la formation professionnelle roumaine avaient bénéficié d’un apprentissage en situation de travail en 2024, contre 65,3 % en moyenne dans l’Union européenne. Cet indicateur national ne préjuge pas de la qualité d’un cursus dual particulier.
Au-delà du lycée, les études en Roumanie se prolongent soit par une formation professionnelle postsecondaire, soit par un cursus universitaire. Ces deux voies ne relèvent ni des mêmes niveaux ni des mêmes établissements, ce qui impose de vérifier chaque programme avant toute candidature.

Les formations postsecondaires roumaines conduisent à une qualification de niveau EQF 5 et durent généralement d’un à trois ans, selon la complexité du métier préparé. France Éducation international situe le diplôme correspondant, intitulé « Diplomă de Absolvire », au niveau 5 du cadre roumain.
L’accès à ces programmes de formation n’exige pas systématiquement le baccalauréat roumain : certains admettent des diplômés du secondaire qui ne l’ont pas obtenu.
Les conditions d’admission, le calendrier, les pièces exigées et les frais relèvent de chaque établissement et de chaque programme, aucun tarif national unique ne les encadrant. Vous devez donc les obtenir directement auprès du centre visé.
Une licence roumaine relève généralement du niveau EQF 6, master et doctorat se situant au-delà, à distinguer des qualifications professionnelles de niveaux 3 à 5. Les universités roumaines proposent notamment des filières techniques en mécanique, électronique, transports, matériaux et industrie agroalimentaire, ainsi que des domaines économiques, agronomiques et de santé. Étudier en Roumanie reste possible en roumain, anglais, français ou allemand, selon le programme suivi. Selon la Commission européenne, 29 licences en alternance sont proposées en 2025-2026 dans neuf universités, et 13 masters en alternance dans trois universités.
Pour un cursus universitaire, le statut de l’établissement et l’accréditation du programme se vérifient séparément, une université privée pouvant parfaitement délivrer des titres reconnus. L’ARACIS, agence roumaine d’assurance qualité de l’enseignement supérieur, constitue une source de vérification pour contrôler les diplômes et les programmes universitaires.
En amont, l’ARACIP donne accès aux registres des établissements préuniversitaires accrédités ou autorisés à fonctionner provisoirement. Pour une formation destinée aux adultes, les registres de l’Autorité nationale roumaine des qualifications renseignent sur les qualifications et les prestataires officiellement enregistrés.
Les démarches d’inscription diffèrent selon que vous visez le lycée ou l’université, chaque niveau obéissant à un calendrier et à un canal de dépôt propres. La perméabilité entre filières ne dispense pas de respecter ces échéances, fixées chaque année par les autorités roumaines.

Le ministère roumain de l’Éducation publie l’offre et les codes d’admission par établissement, filière, spécialité et langue d’enseignement. Pour la campagne 2026-2027, son calendrier s’articulait en quatre temps.
Ces dates valent pour la seule rentrée 2026-2027 ; le calendrier de la campagne suivante est publié séparément par le ministère.
Un candidat scolarisé en France relève d’un examen spécifique de son parcours antérieur par l’établissement concerné, la procédure de répartition des élèves roumains ne s’appliquant pas automatiquement à sa situation.
Au niveau secondaire, le dossier peut réunir une pièce d’identité, les diplômes antérieurs, les relevés de notes, les traductions exigées et un justificatif linguistique. Pour l’université, la procédure publique en ligne se déroule en étapes : vous créez un compte, choisissez jusqu’à cinq programmes d’un même cycle, saisissez vos informations personnelles, puis déposez les justificatifs d’identité et d’études.
Traduction, authentification et apostille dépendent de la procédure de reconnaissance applicable et du niveau visé. Selon le CNRED, organisme roumain chargé de la reconnaissance des diplômes, la reconnaissance du diplôme antérieur et la décision d’admission de l’université constituent deux démarches distinctes.
| Niveau visé | Canal de dépôt | Pièces susceptibles d’être demandées |
| Lycée (voie technologique) | Établissement, après examen du parcours antérieur | Pièce d’identité, diplômes antérieurs, relevés de notes, traductions, justificatif linguistique |
| Université | Procédure publique en ligne, jusqu’à cinq programmes d’un même cycle | Justificatifs d’identité et d’études, reconnaissance du diplôme antérieur par le CNRED |
Pour un citoyen européen sollicitant la reconnaissance de ses études antérieures en vue d’une licence, le CNRED publie des frais d’évaluation de 100 RON, dont sont exemptées les personnes bénéficiant d’une protection internationale. Depuis la France, le paiement peut s’effectuer en euros selon les instructions du CNRED, au taux officiel de la Banque nationale de Roumanie du jour.
Le CNRED annonce un délai de 30 jours ouvrables à compter de l’enregistrement d’un dossier complet, des vérifications supplémentaires pouvant le prolonger.
La question se pose dès qu’un titulaire d’une qualification roumaine envisage de poursuivre ses études ou d’exercer en France. La réponse dépend de la nature de la démarche engagée, académique ou professionnelle, et de la profession visée.
Membre de l’Union européenne depuis le 1er janvier 2007, la Roumanie délivre des titres que le niveau EQF permet de comparer entre pays, sans créer d’équivalence juridique avec un diplôme français ni de droit automatique d’exercer. Trois démarches distinctes doivent être identifiées.
Pour exercer en France, la voie applicable dépend de la profession, de l’intitulé exact du titre, de la nationalité du titulaire et du mode d’exercice envisagé, éléments que détaille notre guide de reconnaissance du diplôme roumain.
Selon France Éducation international, une demande d’attestation de comparabilité recevable et instruite coûte 120 € depuis le 1er janvier 2025. Ce montant se décompose en 20 € pour l’examen de recevabilité, puis 100 € pour l’expertise, les réfugiés, demandeurs d’asile et bénéficiaires d’une protection subsidiaire ou temporaire en étant dispensés. Chaque dossier porte sur un seul diplôme.
France Éducation international indique un délai moyen de quatre mois, pouvant atteindre six mois selon la complexité du dossier et le volume des demandes. Le paiement de la recevabilité ne garantit pas la délivrance : lorsque les conditions ne sont pas réunies, le centre peut adresser une lettre d’information motivant l’absence d’attestation.
La directive 2005/36/CE du 7 septembre 2005 encadre la reconnaissance des qualifications professionnelles dans l’Union, qu’il s’agisse de professions sectorielles ou de professions réglementées relevant du régime général.
Selon la Commission européenne, les médecins, infirmiers en soins généraux, sages-femmes, dentistes, pharmaciens, architectes et vétérinaires bénéficient, sous conditions réglementaires, d’une reconnaissance automatique. Pour toute autre profession réglementée, vous devez identifier l’autorité compétente et sa procédure, une attestation de comparabilité académique ne valant pas autorisation d’exercer.
La nationalité du titulaire modifie également le parcours : un ressortissant d’un pays tiers diplômé en Roumanie ne relève pas nécessairement de la même procédure qu’un citoyen européen.
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